Le mardi 9 août, les familles ROMS qui campent depuis quelques semaines à la Porte d’Aix, à Marseille, ont été assignées « en urgence » par la Mairie devant le Tribunal Administratif.
Urgence ? Leur faute est lourde, en effet : elles sont accusées de faire tâche dans le paysage, et d’étaler leur précarité aux yeux des passants !
Nous dénonçons le caractère scandaleux, insupportable, de cette convocation : au lieu de dépenser du temps et de l’énergie à chercher un lieu où ces familles pourraient se stabiliser dans des conditions décentes de vie, d’hygiène et de salubrité, les autorités se mobilisent… pour les chasser, les traquer, les renvoyer toujours un peu plus loin !
La seule chose qui importe, c’est qu’on ne les voit pas. L’urgence, ce n’est donc pas de les aider à sortir de la pauvreté, de la précarité dans lesquelles elles sont cantonnées, mais de les CACHER !
Le cynisme de la mairie de MARSEILLE s’inscrit parfaitement dans le cadre de la politique de Sarkozy et de son gouvernement, qui font la chasse aux pauvres et aux précaires, et stigmatisent les « gens du voyage », les « étrangers ».
Alors que l’Europe est secouée par une crise financière extrêmement grave et que des milliards d’euros sont trouvés en quelques heures pour renflouer les banques privées, aucun fonds ne peut être débloqué pour financer des installations décentes pour les Roms… ; Alors que les capitaux circulent librement à travers le monde, des citoyens européens sont interdits de circuler librement eu Europe au motif qu’ils sont pauvres et non sédentaires…
En PACA, le groupe des élus Front de Gauche au conseil régional se mobilise en permanence aux côtés des Roms, et le conseil régional a accueilli récemment leurs représentants. C’est d’ailleurs l’une des rares institutions à venir concrètement en aide à ces familles, en versant des subventions aux associations qui les aident directement.
Devant le tribunal administratif de Marseille, Jacques LERICHOMME, militant Gauche Unitaire, représentait le groupe Front de Gauche du conseil régional, aux côtés de plusieurs dizaines de militants de la LDH venus soutenir les familles, dénoncer leur assignation ainsi que la politique du gouvernement et de la municipalité.
Malgré la mobilisation et la plaidoirie de l’avocat Maître Cohen, la décision du tribunal est tombée en fin de journée : les Roms sont expulsés de la Porte d’Aix, par la force s’il le faut…
Cet acharnement à l’encontre des plus précaires est scandaleux et insupportable.
Ensemble, nous allons continuer à exiger que des installations décentes soient mises à la disposition des Roms afin de leur permettre de vivre enfin dans des conditions dignes d’êtres humains, tout simplement !



